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Photographie, collection et patrimoine


La photographie, objet de collection, du document historique à l’oeuvre artistique, un marché en plein essor s’ouvre à toutes les bourses. Longtemps sans valeur établie, domaine de quelques spécialistes, la photographie réalise depuis quelques années des ventes au marteau fort spéculatives. Comme toute collection, il faut l’aborder sans appréhension d’incompétence et lui accorder nos propres valeurs, celles d’un usage personnel.

Gustave Legray, Grande vague Sète, circa 1855 albumen print 343 x 417 mm Ancienne collection Marie-Thèrèse et André Jammes dispersée à Londres le 27 octobre 1999 par Sotheby's

Depuis sa découverte, la photographie, objet multiple et vite reproductible, s’installe en « souvenir » dans tous les foyers. Image vivante, la photographie prend bonne place au sein de l’album de famille et des collections privées et publiques. Document précieux, reflet du temps, la photographie entre comme objet de collection, dans les archives du documentaliste, par définition ; la bibliothèque de l’explorateur, par témoignage ; parmi les secrets du curieux d’Éros, par malice.

Le daguerréotype, unique (procédé positif direct), ne se voit reproduit que par l’estampe après interprétation du graveur. L’original reste aujourd’hui un domaine d’intérêt historique pour ses portraits figés et un sujet de bonne collection pour ses premières natures mortes, ses paysages urbains grande plaque, ses mises en scène sociales ou ses pornographies en relief.

L’application des premiers négatifs papier (Talbotype) à la reproduction, par l’industriel Blanquart-Evrard qui produit des tirages pour l’édition d’albums dès 1851, ouvre les livres à l’illustration photographique. Les grandes expéditions des premiers explorateurs coûtent cher et ne peuvent se réaliser que grâce au financement de l’État ou des grandes fortunes familiales. Le fruit de ces voyages sera réuni dans de somptueux albums à tirage très limité (Isabelle Jammes, Blanquart-Evrard, Catalogue raisonné, Genève, Droz, 1981).

La photographie va couvrir peu à peu tous les espaces et tous les thèmes de l’aventure du Second Empire et provoquer enthousiasmes et controverses dans tous les milieux publiques et privés. La multitude de documents photographiques après 1860 éveille un marché thématique qui a toujours satisfait documentalistes et collectionneurs d’images. De la petite « carte de visite » au tirage « mammouth », du portrait mondain à l’ethnologie, de grandes collections se sont constituées pour se redéployer sur le marché si elles ont échappé aux acquisitions institutionnelles.

Georges Sirot (1898-1977) fut l’un des grands chineurs français, collectionneur acharné d’une mémoire visuelle surprenante. Il composa une collection unique, trace vivante du XIXe siècle aux années 1920, dont 73 000 documents ont été acquis par le Cabinet des Estampes en 1955. Il monte alors une seconde collection, souvent sollicitée par l’édition qu’il nourrit de ses images comme de son savoir. Connaissance de chineur insatiable qu’il offre à la jeune relève, dont Gérard Levy (marchand à Saint-Ouen) dans les années 1960 et les galeristes Tex-Braun dans les années 1970.

En 1900 l’évolution des techniques s’accélère avec la couleur et le cinéma mais le noir et blanc restera au premier plan encore très longtemps. Le photographe devient reporter et illustre l’actualité. Les tirages de presse des années 1920 et 1930 sont souvent les seuls vintages. Seuls les artistes à l’écoute du marché de l’art se servent de ce médium comme moyen d’expression et se retrouvent aujourd’hui pendus aux cimaises des enchères les plus faramineuses.

Notre époque numérique ne peut que valoriser une histoire d’alchimistes de la lumière. Les nouveaux supports de diffusion accumulent les données virtuelles de l’histoire moderne et nous en offrent un accès documentaire dont l’étendue se démultiplie au rythme de son archivage dans les sphères informatiques. La photographie évolue avec la même intention première de reproduire un témoignage visuel pour une très grande diffusion culturelle. Le collectionneur participe à la sauvegarde de notre patrimoine avec le plaisir de l’inventeur de trésors. La photographie « mine de sel d’argent » que plus d’un ont su et sauront exploiter.

David Nosek, expert.

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