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Le goût pour l’Antiquité était largement diffusé par un flot continu de publications, des séries entières consacrées à la Grèce ancienne, à l’Italie, et des études archéologiques. Il était inévitable que le gracieux style rocaille devait succomber à un tel assaut. En 1770, à l’heure où Madame du Barry inaugurait son nouveau Château de Louveciennes – chef-d’œoeuvre du style Louis XVI – il était évident que le style Louis XV était passé de mode, en tout cas à Paris, et cela bien avant la mort du roi qui lui a donné son nom.

A l’évidence, le changement de style ne s’opéra que de manière progressive, que ce soit du point de vue morphologique ou décoratif. Une période de transition, dans ce cas une décennie, fut en effet nécessaire à l’assimilation et au perfectionnement des nouveaux principes. Comme toujours, l’ornement suivit en premier alors que les lignes et la structure restaient tributaires du goût ancien. Quand la transition du Louis XV au Louis XVI se fut achevée, le mobilier était toutefois entré dans l’ère de l’orthogonalité et des courbes circulaires ou elliptiques, ces dernières supplantant les courbes sinueuses du rocaille. Un piètement composé d’éléments fuselés et droits remplaça les pieds galbés du Louis XV. La grâce et la beauté résidaient dans la perfection des proportions, l’harmonie de toutes les parties et la division des surfaces en panneaux et leur encadrement. Toutefois, même sous le règne de Louis XVI, quelques pièces archaïques, appartenant au style dit Transition, n’avaient pas définitivement renoncé aux formes du rocaille, principalement aux pieds galbés, visibles sur un grand nombre de sièges, commodes, petites tables de tous genres, notamment à usage féminin. En outre, le passage du style Louis XV au style Louis XVI est marqué par la pérennité des extraordinaires qualités techniques développées par les ébénistes parisiens sous le règne du Bien-Aimé. A vrai dire, peu restait à découvrir dans ce domaine et nous le verrons en étudiant brièvement les œuvres de plusieurs grands noms de l’ébénisterie de l’époque. En effet, les mêmes bois étaient utilisés, indigènes ou exotiques ; l’acajou, en particulier, était l’objet d’une véritable ferveur. Ainsi, de simples placages d’acajou étaient adoptés pour couvrir les bâtis des commodes et recevaient des ornements en bronze doré. Les dessus de marbre conservaient leur prestige et étaient spécialement choisis en fonction de leur couleur.

Bien que le mobilier du premier Empire diffère grandement de celui caractéristique du Louis XVI, les deux styles sont fondés sur le même principe, à savoir l’imitation de l’Antiquité. Toutefois, étant donné que la société des années 1760 et jusqu’à la Révolution était tout aussi épicurienne que celle de la première moitié du XVIIIe siècle, les créateurs du style Louis XVI appliquèrent ce principe avec une considérable discrétion et un respect pour le goût national. Sous le règne de Louis XVI, l’Antiquité demeure ainsi une mode ; l’Antiquité est revisitée selon les exigences françaises de confort et de convenance. Par conséquent, même si un œil peu exercé peut facilement faire la différence entre des pièces Louis XV et Louis XVI, une certaine affinité existe entre les deux styles. Le style Louis XVI se caractérise ainsi par une simplicité raffinée, une élégance contenue et une précision agrémentée d’une abondance d’ornements gracieux et délicats. Jamais avant dans l’histoire du mobilier français, les ébénistes n’avaient fait montre d’une telle finesse dans l’exécution des détails. Ils surent faire preuve d’un goût très assuré dans le choix des motifs décoratifs, assez riches pour alléger l’aridité des formes orthogonales, toujours dans les limites imposées par une modération assumée. Un trait incomparable du Louis XVI réside dans la minutie du traitement des ornements par les sculpteurs et surtout par les travailleurs du bronze. En effet, la qualité des montures de bronze – de véritables bijoux – fait davantage penser au travail d’un orfèvre qu’à celui d’un fondeur-ciseleur. Parmi les motifs les plus courants, souvent hérités de l’architecture antique, il convient de citer les denticules, les frises d’acanthe, de chêne ou de perles, les entrelacs, les rubans, les chapelets et les lancettes.

Aussi empruntés au vocabulaire antique et intégrés au mobilier sont les pilastres, consoles et balustres. L’élément de loin le plus important sont les colonnes, soit détachées, soit plus fréquemment engagées, avec chapiteau, fût tourné et cannelé, situées aux angles des commodes et autres pièces de mobilier.

Le style Louis XVI se distingue par une pléiade d’ébénistes célèbres, de Riesener à Weisweiler. Plusieurs d’entre eux, comme Saunier, Leleu et Riesener, commencèrent leur carrière sous le règne de Louis XV. Riesener (1734-1806) faisait partie de cette nébuleuse d’artisans allemands venus chercher fortune à Paris au XVIIIe siècle. Après l’avènement de Louis XVI, ils vinrent en nombre encore plus important qu’avant, espérant obtenir les faveurs de la reine Marie-Antoinette. Le mécénat accordé à des ébénistes comme Beneman, Weisweiler et Schwerdfeger montrent que leurs espoirs ne furent pas vains. Riesener, comme la plupart des ébénistes originaires du pays rhénan, excellait dans la création de pièces présentant des systèmes de verrouillage complexes et aux mécanismes étudiés, qui devaient connaître un apogée sous le règne de Louis XVI.

Martin Carlin est également un parfait représentant de la charmante manière du style Louis XVI, faite d’élégance raffinée et de grâce. Ses exquises montures de bronze se déclinent en de minuscules motifs stylisés, tels les rangs de perles, en guirlandes de fleurs naturalistes ou, typiques de son art, en rangs à motif de draperies. Adepte des meubles à transformation de taille réduite, il produisit nombre de petites tables très appréciées à l’époque, combinant les fonctions de table à ouvrage, de table à écrire et de table-liseuse. Le style Louis XVI se caractérise également par la combinaison de riches matériaux et Carlin, comme un grand nombre de ses contemporains, possédait à la perfection la maîtrise technique que nécessitait le travail de ces divers matériaux, comme les panneaux de mosaïques de marbre, de laque, de marqueterie ou encore des plaques de porcelaine de Sèvres, généralement peintes de bouquets de fleurs.

Les sièges de style Louis XVI sont généralement plus anguleux que ceux appartenant au style précédent, et par conséquent moins confortables, en tout cas en apparence. D’un autre côté, ils présentent plus de variété dans la forme et l’ornement. La différence majeure entre un siège Louis XV et un siège Louis XVI réside dans le fait que le première ne possède pas une seule ligne droite, alors que le deuxième est au moins constitué d’un piètement rigoureusement droit. En raison de l’influence architecturale, les sièges Louis XVI sont également caractérisés par des éléments très clairement séparés les uns des autres par des joints de raccordement visibles, alors qu’un siège Louis XV est composé de courbes continues qui s’épousent sans le moindre obstacle et sans la moindre séparation. Le dossier du siège Louis XVI est simplement mouluré ou sculpté de motifs dérivés des modèles antiques. Il peut présenter un certain nombre de formes différentes et, quand il est légèrement concave en plan, il est dit en cabriolet. Les dossiers en forme de médaillon ou de forme rectangulaire sont particulièrement caractéristiques du style. Un grand nombre présente des formes carrées. D’autres possèdent des montants droits ou légèrement obliques avec une traverse supérieure en forme d’anse de panier. Au sommet des pieds figure généralement un dé de raccordement – un renforcement nécessaire – situé en ceinture et souvent orné de deux côtés par une rosace.

Sous le règne de Louis XVI, l’art du siège atteignit un très haut niveau d’excellence. En tant que sculpteurs, des menuisiers comme Boulard, Lelarge, Delanois, Sené et d’autres encore, apportèrent beaucoup à la finition de leurs œoeuvres. Georges Jacob (1739-1814), l’un des plus grands sculpteurs sur bois du XVIIIe siècle, créa et exécuta un grand nombre de sièges. Son travail montre l’évolution du goût du Louis XVI à l’Empire.

A cette époque, les lits étaient presque tous munis d’un dais. Les types les plus fréquents sont les lits à la polonaises avec un ciel en forme de dôme et le lit à la duchesse assorti d’un dais de forme rectangulaire fixé au plafond. Les dossiers des lits, dans la plupart des cas, reproduisent les formes de ceux des sièges ; Ils sont rectangulaires ou en forme d’anse de panier.

En ce qui concerne les tables, la période ne se distingue pas par une grande inventivité par rapport à la précédente. L’athénienne constitue toutefois un type nouveau pour l’époque. La profusion de ce type, mais également de cassolettes, brûle-parfum, guéridons et jardinières, représente un apport considérable du style Louis XVI qui se prolongera jusqu’à la fin de l’Empire.

Les élégants secrétaires et bureaux déjà connus sous le règne de Louis XV demeurent en faveur. Etant donné que les meubles conçus pour s’intégrer de manière harmonieuse dans un cadre décoratif précis correspondent à une idée qui reste dominante sous le règne de Louis XVI, des pièces comme des commodes, bas d’armoires et encoignures furent produites en grand quantité. En matière de décorations, la façade des commodes Louis XVI est souvent encore pensée comme une unité, à savoir que la division entre les tiroirs, loin d’être marquée, est le plus souvent cachée. En ce qui concerne les poignées de tirage, celles-ci sont très fréquemment constituées d’un anneau à motif de couronne disposé sur une plaque circulaire parfois ornée d’une rosace. Dérivé de la commode, un nouveau type de meuble fait son apparition, la desserte, qui ne retient de son modèle que les tiroirs en ceinture. Le nombre des tablettes formant étagères et leur arrangement varient considérablement d’une pièce à l’autre ; certains modèles possèdent en guise de fond un grand miroir. A l’instar des commodes de la même époque, les dessertes sont généralement plaquées d’acajou et ornées de bronzes dorés.

Une nouveauté introduite par le style Louis XVI est la présence d’une galerie ajourée en laiton encadrant le dessus de marbre de nombre de tables, de bonheurs du jour, de chiffonnières à cinq tiroirs ou plus et de vitrines.

A l’approche de la fin du règne, autour de 1785, le mobilier amorce une nouvelle évolution qui tend à se distancer du pur style Louis XVI. En effet, et ceci est particulièrement vrai pour les pièces de grand luxe comme les consoles et les commodes produites pour les appartements royaux, une certaine ressemblance commence à se faire jour, principalement dans la monumentalité des formes, avec le style Louis XIV. Le représentant le plus important de cette nouvelle tendance est incontestablement Guillaume Beneman. Mais au-delà de son travail très original, d’autres ébénistes firent des copies conformes de pièces Louis XIV. Ainsi les imitations des somptueux meubles de Boulle, avec leur marqueterie de métal et d’écaille, produits par Montigny, Levasseur, Séverin et d’autres encore.

Au lieu de rappeler les fastes du Grand Siècle, certaines pièces appartenant à cette période anticipent déjà les styles Directoire et Empire. Les tables guéridons, dont les formes suivent celles des tripodes pompéiens de très près, sont clairement en avance sur le reste du mobilier produit à cette époque. Ce style nouveau est plus consciemment archéologique dans ses manifestations que le pur style Louis XVI. Toutefois, jusqu’à la Révolution, l’austérité de cette tendance archéologique fut largement tempérée par la grâce des sentiments. L’ébéniste dont les compositions et les ornements sont les mieux représentatifs de ce style pompéien est Adam Weisweiler, l’un des ébénistes les plus appréciés de son temps.

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