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Histoire de la sculpture en Belgique


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Paul Verbraeken


Nous sommes un peuple de peintres qui a également produit bien des sculpteurs, sans compter de nos jours tous ceux qui créent de l'oeuvre spatiale. Cette publication, axée sur la pratique, les recense afin que le lecteur dispose d'informations essentielles sur leur vie et leur oeuvre.

La sculpture belge dans les musées belges

Les chances d'admirer des sculptures belges sont pourtant des plus restreintes. Les multiples musées que possède ce pays ne se soucient guère de la sculpture en général et de la sculpture nationale en particulier. Il existe quelques vastes collections mais une fraction seulement en est visible.
Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles présentent les sculptures de Constantin Meunier (1831-1905), d'autant que son atelier abrite le Musée. A côté de cela, il y a un espace réservé à la sculpture: le hall central contient un choix impressionnant de sculptures monumentales mais peu d'informations. Le spectateur est prié de regarder le catalogue scientifique. Il en est de même au Musée royal des Beaux-Arts à Anvers: on montre des sculptures, mais pas de manière systématique. Les musées plus petits, Gand, Liège, Louvain, Ostende, devraient s'occuper davantage de la promotion du patrimoine sculptural. Un seul musée se consacre intégralement à la sculpture et présente la majorité de sa collection: le Musée Middelheim de plein air à Anvers. Les lacunes sont patentes: on ne possède pas de sculptures antérieures à Auguste Rodin, donc aucune oeuvre du dix-neuvième siècle: de plus, on n'insiste guère sur la production belge; on vise à donner un aperçu international solide et actualisé. Bref, ce que les musées offrent ne donne pas au grand public une idée exacte des réalisations sculpturales de nos compatriotes depuis 1830.
Heureusement, il existe des espaces priviliégiés: quelques parcs ornés de sculptures d'artistes importants, e.a. le Jardin botanique, le Parc de Bruxelles, le Petit-Sablon, le Parc du Cinquantenaire à Bruxelles, le Parc Josaphat à Schaerbeek, le Zoo d'Anvers, les Terrasses d'Avroy à Liège, le Parc du Musée de Mariemont; les cimetières renferment aussi beaucoup de sculptures funéraires, mais leurs auteurs sont souvent tombés dans l'oubli et chose surprenante, elles sont plus nombreuses en Flandre et à Bruxelles qu'en Wallonie. A cela s'ajoutent toutes les façades qu'ornent statues et décorations monumentales, encore que beaucoup aient été détruites en même temps que l'immeuble au nom de la rénovation et de la modernité urbaines.

Les sources de connaissance

Le fait est qu'il existe très peu de publications sur la sculpture nationale. Le catalogue de l'exposition La Sculpture belge au 19e siècle, organisée en 1990 par la Banque Générale à Bruxelles, catalogue devenu introuvable, est unique en son genre.
En effet, rien de comparable n'a eu lieu depuis. Dans les années 1980 et 1990, il y eut pourtant des expositions consacrées à quelques sculpteurs: Georges Minne (Gand, 1982), Frans Huygelen (AMVC Anvers, 1990-91), Jacques de Lalaing (Schaerbeek), Jef Lambeaux (Saint-Gilles, 1990), Jean-Marie Gaspar (Arlon, 1993), Jules Lagae (Eeklo, 1998), Constantin Meunier (Zwern Bruxelles, 1998), Simon Goossens (Wilrijk, 1994), Willy Kreitz (AMVC Anvers, 1998-99). Il y eut aussi quelques publications relatives aux aspects spécifiques de la sculpture belge, comme "La sculpture" (gantoise), (Gand, Un millénaire d'art et de culture, Gand, 1975); "L'enseignement de la sculpture à l'Académie de Bruxelles" (Académie, Bruxelles, 1987); Rembrandt Bugatti et la Sculpture animalière belge (Anvers, 1990). Ces initiatives ont suscité la rédaction de catalogues intéressants. Mais il faudra patienter encore pour contempler une rétrospective de la sculpture belge au vingtième siècle. En attendant, le livre L'Art en Belgique après 1945 (Fonds Mercator, 1983) et son complément L'Art en Belgique après 1975 (Fonds Mercator, 2001) constituent un trésor de données et d'illustrations.
Ce qui précède montre que même les professionnels éprouvent quelque peine à se documenter: la matière disponible est restreinte, partielle, désuete, fragmentaire, souvent introuvable. L'étude de notre sculpture et de nos sculpteurs possède de ce fait un caractère attractif particulier, puisque le chercheur sort forcément des sentiers battus. D'innombrables artistes restent à redécouvrir et l'inventaire de leur oeuvre occupera plusieurs générations. Peu à peu, on admettra que la sculpture en Belgique, l'un des plus petits pays d'Europe, a connu une évolution très féconde et diversifiée, qu'elle n'a cessé d'engendrer des figures remarquables et que, pour le moins, elle a toujours été d'une qualité équivalant à celle des autres nations.
Sur plus d'un siècle, l'Eglise et l'Etat ont créé un climat favorable à l'éclosion d'artistes compétents, architectes, sculpteurs, peintres. Cette ambiance leur a permis de travailler et même de devenir célèbres. Leur formation au sein des nombreuses Académies des Beaux-Arts que compte notre pays en fit la réputation. Elle n'attira pas seulement des talents étrangers à Bruxelles, Anvers, Malines, Gand, Bruges, etc. Elle explique aussi que nos artistes furent recherchés au-delà de nos frontières pour mener à bien d'importants projets ou pour y enseigner. Ainsi, l'un des plus vastes monuments au monde, celui des Deux Congrès à Buenos Aires, fut réalisé par le flamand Jules Lagae (1862-1931), tandis qu'à Weimar furent invités des artistes belges e.a. pour y diriger la célèbre Kunstschule. Cette qualité académique assura le développement de la sculpture nationale, mieux, son perfectionnement. Ce ne fut ni effectué ni dérangé par des personnalités ou des mouvements révolutionnaires. Cela n'empêche pas l'ensemble d'accéder à l'universel. En Belgique, certains traits étaient singuliers, mais cette originalité fut souvent mieux perçue à l'étranger qu'au pays.
Ajoutons que nos artistes furent très productifs et profitèrent autant que possible des opportunités que leur offrait la moindre exposition tant en Belgique qu'à l'extérieur. Les anciens catalogues montrent clairement que ce n'était pas uniquement nos peintres et nos aquarellistes, mais aussi nos sculpteurs, qui fréquentaient les principaux salons internationaux.
Qu'il soit délicat d'avoir une idée générale de l'évolution depuis 1830 tient probablement au grand nombre de sculpteurs et d'oeuvres produites, leur quantité étant impossibles à évaluer. Or cette évolution particulièrement dynamique ne correspond pas toujours au style propre de chaque période, contrairement à ce qu'y s'observent as de la France et de l'Allemagne.

Une tradition séculaire

Les siècles précédant l'indépendance nationale déterminèrent le caractère des oeuvres pour deux générations. Cette tradition baroque fut puissante au point de persister jusqu'au début du vingtième siècle. Elle donna à notre art sa spécificité. Car la fin du troisième quart du dix-huitième siècle arriva sans amener de modification essentielle. Anvers, la ville de Rubens, et Malines, la ville de Lucas Faid'herbe (1617-1697), étaient les principaux centres de sculpture avec Liège. Des artistes tels Jean-François Van Geel (1756-1830) et Mathieu Detombay (1768-1852) donnaient le ton. Mais beaucoup quittaient le pays pour faire carrière ailleurs, tout comme les peintres.
C'est plus tard, alors que la demande d'oeuvres religieuses augmentait toujours, que Bruxelles l'emporta et devint l'épicentre culturel national. De là, l'influence du néo-classicisme. Il avait été introduit par des sculpteurs autochtones ayant étudié à l'étranger, Paris ou Rome: Laurent Delvaux (1696-1778), Gilles-Lambert Godecharle (1750-1835), Henri-Joseph Rutxhiel (1775-1837), Matthias Kessels (1784-1836) et d'autres. Ils transmirent à leurs élèves les idées de grands maîtres, tels Antonio Canova (1757-1822), Bertel Thorvaldsen (1768-1884), Louis Jehotte (1803-1884), Willem Geefs (1805-1883), Eugène Louis Simonis (1810-1882). Ce sont eux qui accédèrent au premier plan une fois l'Etat belge instauré. L'idéalisation des exemples antiques, conformément à l'enseignement reçu, ne refoula pas pour autant les concepts artistiques déjà établis, d'où l'innovation stylistique constatée.
Les premières statues installées témoignent de ce changement. Il ne s'agit pas de la représentation conventionnelle des héros grecs, mais d'hommes faits de chair et de sang. Celui qui contemple les statues de marbre, Le comte Frédéric de Mérode (1837) ou Le général Belliard (1838), est impressionné par le métier que possède Willem Geefs (1805-1883). Il remarque aussi que leur mise en scène rivalise avec la peinture historique contemporaine. Les sujets d'inspiration romantique de Gustave Wappers (1803-1874), Nicaise De Keyser (1813-1887), Louis Gallait (1810-1887) et d'autres, reflètent la même tendance.
Parmi les grands sculpteurs significatifs de l'époque, on compte e.a. Paul Bouré (1823-1848), mort précocement, Antoine Wiertz (1806-1865), le romantique inspiré, qui opta pourtant pour la peinture, comme le fera Victor Van Hove (1826-1891), Auguste Fraikin (1817-1893), Charles Geerts (1807-1855) et les six frères de Willem Geefs, notamment Joseph (1808-1885), Jean (1825-1860), Théodore (1827-1867), Aloys (1817-1841) et les jumeaux Charles (1829-1911) et Alexandre (1829-1866).
La première génération de sculpteurs belges authentiques - tous naquirent dans le premier quart du dix-neuvième siècle - produisit à la fois des statues, des décorations monumentales de façades, des bustes, des sculptures funéraires et des médailles. Il s'agissait toujours de commandes et non, comme ce sera le cas plus tard, de créations tenant à leur initiative personnelle. Dans le sillage de la peinture, la sculpture, quoique plus respectueuse de la tradition, connut au milieu du siècle un essor qui la conduisit vers la modernité. Les jeunes réalisent des sculptures qui, au plan thématique et vis-à-vis de la forme, se démarquent des exemples antiques. Leur approche plus concrète exprime leur intérêt pour le quotidien. Ainsi apparaissent les premières représentations d'inspiration sociale, phénomène international surnommé quelquefois "la Rage napolitaine". Il s'agissait de représentations, en marbre ou en bronze, de jeunes pêcheurs italiens vêtus de manière misérable. Ces images séduisirent toute l'Europe. Le marché se hâta de fournir des versions moins chères en terre cuite, des réductions et des variantes. Toutes soulignent le dénuement du personnage, traité désormais dans toute la gamme des professions, mendiants inclus. Le liégeois Léopold Harzé (1831-1893), élève de Willem Geefs, fut un maître du genre, précédé e.a. par Antoine Sopers (1823-1882), Edouard Fiers (1822-1894), Adolphe Fassin (1828-1900). Des sculpteurs comme Léopold Wiener (1823-1891), Joseph Ducaju (1823-1891) et Louis Samain (1834-1901) tentèrent alors de ranimer l'héritage académique.

La sculpture: immobilisme et innovation

La majorité des sculpteurs belges se souciaient peu d'innover et boudèrent en conséquence les fantaisies romantiques. Par contre, ils atteignirent un très haut niveau technique. Ils soutenaient la comparaison avec l'étranger. Chose étrange, le long séjour d'Auguste Rodin (1840-1917) qui, entre 1871 et 1877, collabora à d'importants projets bruxellois, eut peu d'influence. Quelques sculpteurs seulement, dont Armand Cattier (1830-1892) et Constantin Meunier (1831-1905) surtout, élargirent leur thématique en y intégrant l'univers de la classe ouvrière. Leur réalisme osé contraste avec l'oeuvre des successeurs qui privilégièrent l'élégance. En font partie e.a. Charles Van der Stappen (1843-1910), Paul De Vigne (1843-1901) et Thomas Vinçotte (1850-1925). Avec Julien Dillens (1849-1904), Jef Lambeaux (1852-1908), Guillaume Charlier (1854-1925) et beaucoup d'autres, ils participeront à l'éclatante réussite de la sculpture belge. Dans le dernier quart du dix-neuvième siècle, un nombre incroyable de sculpteurs explora tous les domaines possibles: portraits, médailles, statues, décorations monumentales, ornements d'intérieur, mobiliers de jardin.
Les premiers animaliers, dont Antoine-Félix Bouré (1831-1883), Léon Mignon (1847-1898), Jacques de Lalaing (1858-1917) accédèrent au premier plan et engendrèrent une tradition belge particulière, avec des artistes comme Albert Hager (1857-1940), Jean-Marie Gaspar (1861-1931), Josué Dupon (1864-1935) et Albéric Collin (1886-1962). Il va de soi que le Zoo d'Anvers, florissant, contribua à ce mouvement. Avec l'introduction du procédé de la cire perdue en 1879, la Compagnie des Bronzes de Bruxelles pouvait faire des statues de haute qualité, d'où un modelage de plus en plus personnel. Un grand nombre des artistes ci-dessus, formés à Paris, furent invités à enseigner dans les Académies belges. Le résultat: une pléiade de talents. C'est le moment où notre pays connut une expansion culturelle qui en fit une grande puissance artistique.
L'emploi de l'ivoire, seul ou combiné avec du métal, du bois exotique et/ou des pierres précieuses, porte à son apogée la sculpture Art Nouveau. Les noms e.a. de Philippe Wolfers (1858-1929) et d'Isidore De Rudder (1855-1943) lui sont attachés, sans parler des nombreux sculpteurs portés vers le symbolisme qui ont laissé de superbes oeuvres chrysélephantines, raffinées, maniérées même: Paul Du Bois (1859-1938), Charles Samuel (1862-1938), Victor Rousseau (1865-1954), Egide Rombaux (1865-1942). Il faut noter que Georges Minne (1866-1941), figure marquante du symbolisme belge, ne travailla jamais l'ivoire.
Davantage que la terre cuite, le marbre et le bronze restèrent le matériau servant à une production (souvent limitée) de statuettes. Leur facture est traditionnnelle. Elles sont joliment polies, doucement ciselées, souvent avec une patine polychrome. Ne s'embarrassant nullement d'innovations stylistiques, maints artistes bénéficièrentd'une grande aisance grâce à ces créations qui satisfaisaient la grande bourgeoisie: Louis Dupuis (1842-1921), Frans Joris (1851-1914), Alphonse Van Beurden (1854-1938), Jules Lagae (1862-1931), Emile Jespers (1862-1918), Floris De Cuyper (1875-1965), Jacques Marin (1877-1950), Frans Huygelen (1878-1940), etc.

La modernité en marche

Un peintre-modeleur ouvrit pourtant de nouvelles perspectives. Influencé par les concepts picturaux de l'impressionnisme et du fauvisme comme par les idées sculpturales d'Auguste Rodin (1840-1917), Rik Wouters (1882-1916) bouscula la sculpture belge. Aux plans thématique et formel, son oeuvre plastique constituait un changement de cap. Il en avait été de même pour Georges Minne mais, contrairement au jeune Rik Wouters, lui ne fit pas école. Rik Wouters renonça au caractère statique des statues à l'aide de surfaces inégales, nerveusement modelées, quoique toujours empreintes d'une certaine monumentalité. Pendant des décennies, cette méthode l'emporta au point de devenir la marque de l'Art Déco. Adolphe Wansart (1873-1954), Gustave Fontaine (1877-1952), Ernest Wijnants (1878-1964) et d'autres assimilèrent par ailleurs les leçons des Français, dont Antoine Bourdelle (1861-1929), Aristide Maillol (1861-1944) et Charles Despiau (1874-1946). Ils préparèrent aussi le champ aux sculpteurs expérimentaux, tels Georges Vantongerloo (1886-1965) et Oscar Jespers (1887-1970).
La cassure qu'occasionna la Première Guerre mondiale en maints domaines parcouru également celui des beaux-arts. Plusieurs tendances surgirent qui plongèrent l'Europe dans une véritable révolution artistique. Dès avant guerre, l'expressionnisme, le cubisme et le futurisme traduisaient une volonté croissante de répudier le figuratif. Ainsi furent introduites des constructions spatiales et des expériences géométriques. Du coup, la sculpture pouvait être réduite à un simple signe. Cela toucha en particulier les jeunes artistes au courant des ready-mades (1913) de Marcel Duchamp: ils connaissaient le constructivisme de Tatlin, le mouvement Dada et, à partir de 1920, le surréalisme devint le sujet de discussions, en Belgique comme ailleurs.
Ces influences comptèrent pour la jeune garde séduite par l'expressionnisme. En faisaient partie, à côté du précité et très important Oscar Jespers, Jozef Cantré (1890-1957), Henri Puvrez (1893-1871), Constant Permeke (1886-1952) et Joris Minne (1897-1988). Moins tentés par l'expérience et plus fidèles au naturalisme étaient Charles Laplae (1903-1961), Georges Grard (1901-1984) et Eugène Canneel (1882-1966). Comme leurs maîtres français, dont Aristide Maillol, Charles Despiau et Auguste Renoir, ils se vouèrent à la représentation de la figure humaine. On relève ce même thème, mais élaboré de façon plus synthétique et monumentale, chez des sculpteurs comme Ernest Wijnants (1878-1964), Karel Aubroeck (1894-1986), Mark Macken (1913-1977) et Harry Elström (1906-1993). Les autres escamotèrent la réalité visible.
Après la Deuxième Guerre mondiale, cela amena même, au travers de l'expressionnisme abstrait, à refuser toute réalité identifiable. Entre 1948 et 1960, la sculpture, caractérisée par une grande variété de styles et de concepts, devança résolument la peinture. Un sentiment d'irrationalité, lié à une fantaisie débridée, détermina la marche de chacun. Les directions furent diverses. Ainsi Willy Anthoons (1911-1982), Jan Dries (1925), Pol Spilliaert (1935) offrirent des formes closes, apaisées. Tandis que Roeland d'Haese (1921), Reinhoud d'Haese (1928), Félix Roulin (1931), Jean-Paul Laenen (1931) optèrent pour des compositions spatiales carrément baroques.
L'individualisation est à l'ordre du jour, de sorte que chaque sculpteur crée un style personnel qui évolue librement dans l'oeuvre même. La question sculpturale se compliqua encore quand, en 1955, Pol Bury (1922) introduisit le temps comme quatrième dimension de ses plastiques mobiles.
Vers 1960, la figuration revint à l'honneur, sous l'effet d'une prise de conscience des plus étonnantes: l'impuissance de l'homme moderne. Des artistes comme Pierre Caille (1912-1996), Bert De Leeuw (1926), Paul Van Rafelghem (1936), Jef Claerhout (1937) et Wilfried Pas (1940) produisent des images qui expriment anxiété, révolte, où le fantastique domine. Les assemblagistes, dont Vic Gentils (1919-1997), Paul Van Hoeydonck (1925), André Bogaert (1921-1986), Camille Van Breedam (1936) en font autant quand ils accolent des fragments d'objets existants afin de créer des reliefs ou des statues, objets détachés de tout sujet. Images de rêve, illusions et métaphores prennent forme dans les sculptures d'Octave Landuyt (1922), Jan Van de Kerckhove (1927), Roland Monteyne (1932) et Yves Rhayé (1936-1995). Le constructivisme, lui, renaît dans l'oeuvre de Jacques Moeschal (1913), Mark Verstockt (1930) et Hilde Van Sumere (1932). Des mouvements artistiques, dont G 58-Hessenhuis* et la Nieuwe Vlaamse School* qui en dérivent, cohabitant avec des mouvements internationaux comme Cobra, op'art, minimal'art, art conceptuel, art environnementaliste, comprennent trop d'artistes pour que tous soient cités. Mentionnons Marcel Broodthaers (1924-1976) et Panamarenko (1940), puisque ceux-là occupent une place éminente sur la scène internationale.


Dictionnaire biographique des arts plastiques en Belgique 1800-2002
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